En Afrique équatoriale, selon que l’on se trouve dans l’hémisphère nord ou sud, le calendrier des saisons est inversé. Nous situant à Kisantu à la latitude du 5ème parallèle sud environ la saison des pluies se termine autour du 15 mai pour reprendre vers le mois d’octobre.

La période sèche s’annonce toujours ici de très gracieuse manière en nous invitant à ses premières promesses par des aubes merveilleuses de délicatesse et de lait clair, roses.

C’est à partir de six heure du matin que le spectacle commence pour se terminer très vite dès « le salut du jeune soleil »*, image fugitive des rêves à voler au temps qui passe. L’austère et fier rônier s’adoucit dans cette aube rose des matins de mai quand à ses pieds l’herbe fraîchement coupée de la veille distille dans l’atmosphère le parfum subtil de ses cheveux morts. La brume laiteuse et douce retient le plus longtemps possible ses dernières écharpes sur les aspérités de la Terre dans un combat perdu d’avance : le jour impose toujours son droit immémorial à la renaissance.

 

  


* titre d'un poème de Léopold Sedar Senghor

 

 

Par Dominique BAUMONT - Publié dans : VOYAGE - Communauté : Carnets-de-voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 10:20

 

Arc-en-ciel, oh! Arc-en-ciel,
Toi qui brilles là-haut, si haut,
Par-dessus la forêt si grande,
Au milieu des nuages noirs,
Partageant le ciel sombre.

Tu as renversé sous toi,
Vainqueur dans la lutte,
Le tonnerre qui grondait,
Qui grondait si fort, l'irrité!
Etait-il fâché contre nous ?

Au milieu des nuages noirs,
Partageant le ciel sombre

  Comme le couteau qui tranche le fruit trop mûr,
Arc-en-ciel, Arc-en-ciel!

Et il a pris la fuite,
Le tonnerre tueur des hommes,
Comme l'antilope devant la panthère,
Et il a pris la fuite,
Arc-en-ciel, Arc-en-ciel!

Arc puissant du Chasseur de là-haut,
Du chasseur qui poursuit le troupeau des nuages
Comme un troupeau d'éléphants effrayés,
Arc-en-ciel, dis-lui notre merci!

Dis-lui: Ne sois pas fâché!
Dis-lui: Ne sois pas irrité!
Dis-lui: Ne nous tue pas!
Car nous avons très peur,
Arc-en-ciel, Arc-en-ciel !

 

arc en ciel

vers le jardin botanique de Kisantu - RDC

 

 

Par Dominique BAUMONT - Publié dans : VOYAGE - Communauté : MYTHES ET SYMBOLES EN AFRIQUE
Ecrire un commentaire - Voir les 19 commentaires
Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 19:26

 

Ne nous y trompons pas, la raison sociale de ce magasin photographiée à l’entrée de Kimbala n’a absolument rien de prétentieux, bien au contraire, elle est même délicieuse de candeur et de foi naïve.

 

Dieu &

 

 

Par Dominique BAUMONT - Publié dans : VOYAGE - Communauté : Carnets-de-voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Vendredi 20 avril 2012 5 20 /04 /Avr /2012 19:22

 

C’est au cours de notre visite des chutes de Zongo – une journée dont nous reparlerons- que j’ai pu surprendre cette petite fille dans ses brèves ablutions matinales. Nullement intimidée par la présence d’un appareil photo l’enfant continua tranquillement sa toilette de chat avant d’aller retrouver sa grande sœur.

 

PF1


PF2


PF3


PF3 bis


PF4


PF5


PF6


PF7

 

 

Par Dominique BAUMONT - Publié dans : VOYAGE - Communauté : Carnets-de-voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 09:47

 

L’autre dimanche en fin d’après-midi nous décidons avec un petit groupe de belges de passage à la mission de nous rendre à pieds boire un verre à Kimbala distant de quelques kilomètres.

En arrivant, nous repérons un estaminet plus africain que nature un peu à l’écart de la route et nous y installons. Notre bière à peine entamée un violent orage éclate, pour se transformer ensuite en longue pluie diluvienne.

Le temps passe, il est maintenant 19h, il fait nuit, il nous faut rentrer mais il n’y a plus aucun taxis pour nous emmener à la mission. Bref échange entre nous : nous décidons de rentrer à pieds malgré la forte pluie.

 

Jusqu’au pont qui enjambe l’Inkisi, la route est goudronnée. Nous la quittons ensuite pour entamer d’une semelle déterminée la piste de latérite particulièrement boueuse et glissante.

Quelques congolais à l’abri sur le pas de leur porte rient en nous regardant passer : ah ! ces moundele ! ils sont vraiment bizarres ! D’où venez vous nous interpelle-t-on ? et, comme il nous faut répondre quelque chose : de Kinshasa ! Les rires s’amplifient. Nous sommes déjà loin quand ils résonnent encore.

 

Le groupe petit à petit s’est scindé en deux parties : loin devant, Jacques* et Suzanne marchent d’un pas de quasi commando. Il est vrai que Suzanne, jeune et musclée sous-lieutenant de l’armée belge est rodée à ce genre d’exercice. Jacques, vaillamment la suit.

Avec moi trois autres personnes. Michel dont c’est le premier séjour en Afrique semble cependant heureux de cette petite aventure, de cette sorte d’apprentissage africain. On devine dans le regard de Christine au beau visage de madone, le plaisir simple d’être là, de marcher dans la nuit sous les traits vifs et tièdes de la pluie équatoriale. Christine connait l’Afrique. Antoine, la soixantaine bien entamée peine un peu et nous demande de ralentir le pas. Je ne suis pas mécontent de sa requête, un nerf sciatique peu coopératif se rappelant trop souvent à mon bon souvenir.

La pluie continue sans faiblir, nous sommes évidemment trempés. Je ne sais pas pourquoi cette belle phrase de Jacques Laccarrière me vient à l’esprit :

« Je suis seuil et je suis chemin.

Je suis pierre qui dit l’horizon.

Je suis l’enclos des pas nomades.

Je suis paume où se lisent les lignes de l’ailleurs. »

Comme souvent en pareille circonstance l’émotion me saisit presque par surprise : je suis donc à nouveau ici, dans cette Afrique centrale mythique à fouler avec mes compagnons cette même et belle terre que les premiers hommes qui peuplèrent l’humanité ? Je sens donc sur ma peau ces mêmes pluies qui baignèrent il y a bien longtemps mes frères lointains ? Minuscule maillon dans la longue chaine de la vie et troublé plus que de raison je sens m’envahir un très doux et très étrange parfum d’éternité…

Laissant sur notre droite l’entrée du jardin botanique la marche continue, calme, un peu bavarde, de plus en plus humide. Il fait très sombre. Parfois de grands éclairs somptueux illuminent les alentours nous laissant brièvement entrevoir la silhouette fantasmagorique d’un palmier solitaire sur fond de ciel tourmenté.

Seigneur que l’Afrique peut être belle !

« Je suis seuil et je suis chemin.

Je suis pierre qui dit l’horizon.

Je suis l’enclos des pas nomades.

Je suis paume où se lisent les lignes de l’ailleurs. »

 


* les prénoms ont été changés


 

 

Par Dominique BAUMONT - Publié dans : VOYAGE - Communauté : Carnets-de-voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 17 commentaires
Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 11:45

 

Ce que l’on nomme aujourd’hui la ville de Kisantu était au départ un petit village où se sont installés les premiers missionnaires, des Jésuites, le lieu où se trouve la mission : l’évêché, les communautés de différentes congrégations, les paroisses actuelles, le jardin botanique…

C’est plus tard que d’autres cases se sont implantées aux alentours, le long de la rivière Nkisi (ou Inkisi) et le long de la voie de chemin de fer Kinshasa-Matadi, le seul port de RDC.

L’actuel Kisantu, que les habitants nomment aussi Nkisi comprend quatre cités : la gare, Kikonka, Nkandu et Kimbala.

C’est dans celle de Kimbala, à un quart d’heure en taxi de la mission que nous rendons en cette fin d’après-midi pour une flânerie-découverte.

Kimbala 5Kimbala 4Kimbala 3

Il n’y a plus qu’un seul train par semaine qui emprunte la voie Kinshasa-Matadi et c’est un train de marchandises. Entre chaque passage, on le voit, la voie devient piétonne !


Kimbala 12

Kimbala 2

Kimbala 11

Kimbala 1

Kimbala 8

Dieu comme outil de communication…

 

Kimbala 10

Kimbala 7

Kimbala 9


Kimbala 16

Achat de cigarettes.

Le jeune qui me sert a cette phrase étonnante en suçant un morceau de canne à sucre : « Vous les blancs vous fumez parce-que vous mangez beaucoup. Nous, on n’a pas le droit parce-que nous n’avons pas assez à manger ». 

Kimbala 13

Pause « Primus », une des bières locales. Autour, la vie continue.

Kimbala 14 Kimbala 15

Un car s’arrête. Il n’a plus de pare-brise ni de vitres.

 

Par Dominique BAUMONT - Publié dans : VOYAGE - Communauté : Carnets-de-voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 22 commentaires
Mardi 13 mars 2012 2 13 /03 /Mars /2012 17:09

Conte de Beya Mbwa à Musangana

Katende ( un petit oiseau) et l'herbe Disela

 

Les oiseaux refusèrent un jour dans leur ensemble le règne de Katende comme aïné. Katende s’en alla alors à la recherche de ses vrais frères et sœurs (bana babu). Il arriva chez l’arbre Difudu et dit ; notre Difudu ! Difudu répondit : notre frère, celui de même mère, Katende ajouta : notre Difudu, toi et moi nous mangeons ensemble n’est ce pas ? Difudu répondit : bien sûr. Nous boirons ensemble ? dit Katende. C’est clair répondit Difudu. Nous traiterons ensemble les grands problèmes de notre vie ? ajouta encore Katende. Il va de soi réplique Difudu. Et alors, nous mourrons ensemble ? de dire Katende. Jamais de la vie répondit sèchement Difudu. La mort d’un homme ne peut être liée à celle d’un autre. Quand ton heure viendra, tu mourras. Quand la mienne viendra je mourrai. Katende remarqua alors que Difudu n’était pas le frère qu’il cherchait. Il continua ses recherches.

Il arriva chez le manguier. Mêmes réponses, même déception. Il parcourut tous les arbres et ne trouva pas de frères parmi eux. Il se traîna jusque chez Disela (sorte d’herbe coriace). Mêmes questions et réponses, sauf à la fin. Notre Disela, si la mort s’annonce, nous mourrons ensemble ? demanda Katende. Disela répondit : oui nous mourrons ensemble. Katende sut alors qu’il avait trouvé son vrai frère. Il habita chez Disela. Ils vécurent ensemble, en parfaite entente, comme de vrais frères.


 

drapeau RDC*La République Démocratique du Congo comporte deux provinces du Kasaï : le Kasaï oriental et le Kasaï occidental.

 

Par Dominique BAUMONT - Publié dans : VOYAGE - Communauté : MYTHES ET SYMBOLES EN AFRIQUE
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Mercredi 7 mars 2012 3 07 /03 /Mars /2012 17:57

 

Dans l’univers animiste la pluie, comme tout autre phénomène est dotée d’une âme et dans le panthéon des dieux de la nature elle y occupe une place majeure : source de vie et de prospérité tout autant que de mauvais présages, sa présence et son rôle dans la cosmogonie des sociétés ne peuvent laisser indifférents : elle s’inscrit quoiqu’il en soit dans l’organisation globale de l’Univers.

Le Musée du quai Branly à Paris ne s’y est pas trompé qui organise du mardi 6 mars au jeudi 13 mai 2012 une exposition sur ce thème ; à ne pas manquer pour celles et ceux qui auront la chance d’être à Paris ou qui y passeront à cette période.

En attendant voici la présentation de cette exposition par Françoise Cousin, commissaire et ethnologue.

LA PLUIE

la pluie

DU MARDI 06 MARS 2012 AU DIMANCHE 13 MAI 2012

Françoise Cousin, commissaire de l’exposition et ethnologue.


La pluie : on la prévoit, on l’appelle, on la craint, on s’en protège, on la reçoit comme le plus grand cadeau. Elle fait l’objet de multiples représentations réalistes, figuratives ou abstraites, dans une traduction symbolique ou métaphorique. Elle donne également lieu à des analogies musicales ou, plus largement, sonores. La pluie, enfin, est divinisée.

Phénomène météorologique, la pluie fait aussi partie du système global de l’univers et à ce titre s’intègre dans les théories cosmogoniques que les différentes sociétés ont développées. "Exposer la pluie" incite donc à une diversité d’approches, symbolique, religieuse, artistique et matérielle. Rassemblant près de 95 pièces et documents iconographiques, issus des collections du musée du quai Branly, l’exposition explore ces différents aspects à travers une sélection d’œuvres provenant d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et d’Amérique, où des objets à forte charge émotionnelle et esthétique côtoient des objets ordinaires ou strictement utilitaires. Le trivial et le spirituel, le profane et le religieux sont ainsi réunis et confrontés en un contraste qui constitue comme une métaphore de la vie elle-même.

Des extraits de films complètent cette sélection, ainsi que des archives sonores liées aux rituels et aux musiques qui constituent des représentations analogiques de la pluie. Des clichés, pris par certains des collecteurs et présentant les objets in situ, permettent de mieux comprendre ces objets et leur usage.

 

le parcours de l'exposition

INTRODUCTION

En introduction sont présentés trois objets évoquant le parti-pris de l’exposition : une « pierre à magie », concrétion de magnésie ayant l’aspect d’un nuage de Nouvelle-Calédonie, ainsi qu’une sculpture zoomorphe et une plaque gravée du Mexique. Ces trois objets, associés à une diffusion sonore de sons de pluie, font entrer le visiteur dans l’univers pluriculturel de cette exposition et son ambiance « climatique ».

SECTION 1 - SOUS LA PLUIE

La première section de l’exposition décline quelques unes des formes crées par l’homme pour s’abriter et se protéger de la pluie. Les manteaux et vêtements de pluie, comme les accessoires (chapeaux, parapluies, etc.), portent témoignage d’un savoir-faire parfois très sophistiqué dans la réalisation de ces objets.

SECTION 2 - LES RITUELS DE LA PLUIE

Cette section illustre le besoin vital de la pluie et l’importance d’en favoriser et d’en contrôler la venue. Assurant également la survie des groupes sociaux, la fertilité des sols et la fécondité des femmes sont souvent associées dans les rituels de la pluie.

Les rituels soulignent le lien qui unit les hommes, leurs divinités et leur environnement naturel. Ils s’appuient soit sur la figuration ou l’évocation visuelle et sonore de la pluie, soit sur le résultat par mimétisme. Ils interviennent pour faire venir la pluie, l’appeler, ou au contraire pour l’arrêter et la contrôler. Ils mettent en jeu des catégories d’objets très variées : masques, sculptures, offrandes, instruments de musique, etc., qui sont les vecteurs de ce lien, et le support de l’action des hommes sur la nature.

Quatre ensembles principaux sont présentés dans cette section :

·       Un ensemble de statuettes et poupées rituelles

·       Des instruments de musique, accompagnés d’une diffusion sonore de musique rituelle, illustrent l’importance de la musique dans les rituels de pluie

·       Suivent trois objets témoins des spectacles visant à faire venir la pluie pratiqués en Afrique de l’ouest : des masques, dont l’utilisation est illustrée par une photographie de terrain pour l’un d’entre eux, et un élément de marionnette.

·       Des objets rapportés au début du XXe siècle de Nouvelle Calédonie par Maurice Leenhardt, qui a décrit avec précision des rituels dans lesquels ils s’inscrivent, constituent un focus sur les rituels de cette région. Ils sont accompagnés de quelques pierres et coquillages utilisés dans les rituels de pluie en Océanie, constituant un dernier ensemble.

Enfin, cette section s’achève sur la projection d’extraits de films documentaires de Jean Rouch sur les rituels de pluie.

SECTION 3 – SYMBOLES ET MÉTAPHORES DE LA PLUIE

La pluie est un élément qui s’intègre dans tout un système de pensée cosmogonique, faisant l’objet de représentations matérielles qui en assurent la traduction. La pluie, ainsi que sa représentation symbolique, l’arc-en ciel, assurent le lien entre inframonde et supramonde.

Cette section propose de découvrir les représentations animales liées à la pluie par leur présence réelle ou par leur valeur symbolique. Ce sont surtout les batraciens – crapauds, grenouilles – et les reptiles – serpents, dragons, tortues, crocodiles – qui sont liés à l’humidité et à la saison des pluies, et qui figurent sur des objets et des textiles.

Cette section accorde également une importance particulière aux minéraux qui par leur aspect évoquent la pluie ou les phénomènes météorologiques qui y sont liés : quartz translucide "génie de l’arc-en-ciel", obsidienne, concrétions de magnésie de Nouvelle-Calédonie…

Certains de ces minéraux ont été interprètes par les hommes comme tombant du ciel au même titre que la pluie, comme en témoignent les noms par lesquels on les désigne : pierres-tonnerres, pierres de foudre.

Enfin, la dernière sous-section s’attache à évoquer les divinités, mythes et conceptions du monde liées à la pluie. Une sélection d’objets représentant les divinités et les êtres mythologiques permet d’aborder les conceptions de l’univers dans différents contextes culturels.

La pluie, phénomène bénéfique, peut aussi être maléfique : il est donc nécessaire de se concilier les entités supérieures. Certaines cultures connaissent des divinités de la pluie clairement identifiées, alors que, dans d’autres, les rituels visent à maintenir l’équilibre entre des forces naturelles contradictoires, garant de la survie des hommes. Ces rituels s’inscrivent alors dans une conception globale de l’univers.

Un ensemble d’écorces peintes de la Terre d’Arhem, en Australie, rend compte de la richesse des mythes aborigènes liés aux phénomènes météorologiques.

CONCLUSION

En conclusion de l’exposition sont présentés une accumulation de cerfs-volants népalais destinés à faire partir la pluie, clin d’œil qui surplombe une vidéo pleine d’humour montrant l’artiste Marcel Broodthaers tentant d’écrire à l’encre sous une pluie battante : La Pluie. 

pluie à Saint-Paul

 Podor sous la pluie

 pluie au Nord-Kivu

 

       pluie à Mbaïki

 

 

Par Dominique BAUMONT - Publié dans : VOYAGE - Communauté : MYTHES ET SYMBOLES EN AFRIQUE
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires
Vendredi 2 mars 2012 5 02 /03 /Mars /2012 17:56

 

En Afrique je me fais un devoir de goûter à tous les plats qui sont proposés. Je goûte et j’aime pratiquement tout, avec une petite réticence pour le boa dont la chair blanche et filandreuse ne flatte guère mes papilles. J’ai mangé et aimé des mets qui étonneraient voire rebuteraient quelques palais européens : des doigts de gorille par exemple, du caïman, de la trompe d’éléphant, des chenilles boucanées présentées dans du coco (une herbe verte au goût puissant), du cibissi (gros rat de brousse) en passant par force singes, serpents, et autres gibiers de brousse, termites grillées…

Mais en ce qui concerne le petit-déjeuner quand cela est possible, je reste très franco-français : café, beurre, confitures (en général de plusieurs fruits, ananas, mangue, papaye…) et surtout ce somptueux miel d’Afrique qui est en soi un résumé éblouissant des saveurs du continent.

la vache qui ritEt enfin, de « La vache qui rit », l’objet de cette forte étude. Arrêtons-nous un peu sur la modeste pâte constituante de ce fromage si on peut appeler cela un fromage.

Où que je sois allé, dans une capitale africaine, dans une ville de province ou dans un village perdu de la savane il y avait pratiquement toujours au petit-déjeuner ces triangles fascinants attendant tranquillement d’être dépiautés de leur éternel emballage d’aluminium pour finir dans un gosier africain ou dans celui d’un blanc de passage. C’est encore le cas ici à Kisantu, je ne peux donc faire l’impasse sur un tel phénomène. Car devant une présence aussi envahissante, on ne peut que légitimement s’interroger : quel est le génial et perspicace inventeur de ce navrant fromage né il y a quatre vingt dix ans ? Pourquoi un tel engouement ? Pourquoi un tel attachement pour un produit qui n’en vaut tout de même pas la peine ? Quel peut être le secret de fabrication de ce machin là pour qu’il enchante à ce point les palais du monde ?

Après avoir mobilisé mes neurones pendant de longues années, face à l’extrême complexité de ce problème fondamental j’ai du abandonner mes recherches, épuisé, penaud, me contentant du constat. J’ai piteusement abdiqué.

Vous, vous pensiez que c’était l’Eglise qui était Universelle ? Et bien pas du tout, c’est « La vache qui rit » figurez vous !

Oui je sais, c’est déstabilisant.

Qui plus est, l’inimitable dessin de l’aimable bovin sur le couvercle - dont j’ai toujours pensé qu’il avait servit de modèle à Léonard de Vinci pour peindre sa toute aussi inimitable Joconde (à moins que ce ne soit l’inverse) - est une œuvre au graphisme manifestement transculturel, admirée et reconnue sous toutes les latitudes. Là encore, pourquoi ? Le mystère reste entier, lourdement opaque. J’abdique une seconde fois. Ma vie serait-elle un échec ?

Cependant je reconnais que prendre son petit-déjeuner au fin fond de la brousse dans le plus reculé desla vache qui rit 1 villages d’Afrique et retrouver la plupart du temps cette « Vache qui rit » est un plaisir rare de voyageur, un plaisir de quasi esthète. Il faut aller à plusieurs milliers de kms de son pays d’origine (je parle de celui de la vache) pour en apprécier la délicate, pâle et terne saveur.

Mais jusqu’où donc va se nicher la mondialisation !

 la vache qui rit 1

 

 

 

 

   

Par Dominique BAUMONT - Publié dans : VOYAGE - Communauté : Carnets-de-voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Mardi 28 février 2012 2 28 /02 /Fév /2012 17:51

 

On ne dira jamais assez les conséquences désastreuses de la colonisation en Afrique et ailleurs. Au delà même des terribles exactions physiques commises par les puissances coloniales sur les peuples asservis, il reste encore, vivaces et douloureux parmi les africains, les stigmates psychologiques de cette période peu glorieuse de l’histoire de l’Occident.

Ainsi, peut-on lire dans « Sociologie actuelle de l’Afrique Noire » de Georges Balandier citant Octave Manoni dans « Psychologie de la colonisation » qui nous parle du « complexe de dépendance » et, où « la responsabilité personnelle est évitée autant que possible » chez les anciens colonisés. Résultat dramatique et inhibant du maintien pervers, voulu et délibéré par le colonisateur dans leur état d’assistés.

Attitude que nous constatons et qui nous est un peu familière à nous autres Volontaires de Solidarité Internationale qui intervenons pourtant, toujours et exclusivement à la demande de partenaires du Sud. Notre présence est à la fois souhaitée puisqu’on nous demande et aussi perçue, parfois par le même partenaire, comme presque humiliante : situation menant immanquablement à des conflits intérieurs chez nos amis et pour nous, pour le moins à une source de réflexion.

Voici en témoignage un bref extrait d’un poème tiré de « Complainte Bantoue » d’un poète que je découvre et vais continuer à découvrir avec vous – Moningi - dans lequel il pleure une négritude perdue…

  …/…

Des hiboux envahissent mes nuits et mes rêves

Démons affreux hantant les mourants qu’ils achèvent

Par-dessus ma case on les aperçoit le soir

Décrire silencieux sorciers des cercles noirs

Puis haut perchés en chœur autour de ma demeure

Longuement ils me tuent et moi déjà je pleure…

Tout partout de hideux serpents croisent mes routes

Je m’en arrête palpitant et dans le doute.

…/

MONINGI, Complainte Bantoue

  

en allant vers le jardin Bas-Congo

 

Par Dominique BAUMONT - Publié dans : VOYAGE - Communauté : Carnets-de-voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires
Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 08:55

 scène de rue 5

scène de rue 7

scène de rue 6

 

L’avantage quand on a du temps pour découvrir une contrée c’est que l’on peut la parcourir sans songer comme le dit Stendhal dans « Promenades dans Rome », « sans songer au devoir de voir », cet impératif des gens pressés et cultivés qui dans un minimum de temps cherchent à voir tout ce qu’il FAUT voir.

Voici quelques photos prises au hasard dans la région de Kisantu.

 

scène de rue 6-copie-1


scène de rue 5-copie-1


scène de rue 1


  scène de rue 4

scène de rue 3


Le jardin botanique de Kisantu abrite aussi un lycée agricole. Les jours de repos les élèves internes vaquent à leurs occupations, les tâches étant effectuées à tour de rôle.

Le sous-directeur nous montre un régime de bananes d’un poids estimé de septante cinq kilos. (comme on dit encore dans cette ancienne colonie belge).

 les élèves à l'ITAH 1

les élèves à l'ITAH 2

les élèves à l'ITAH


la cuisine de l'ITAH

la cuisine du lycée où sont préparés les repas des élèves


JB 5

 

 

Par Dominique BAUMONT - Publié dans : VOYAGE - Communauté : Carnets-de-voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Dimanche 19 février 2012 7 19 /02 /Fév /2012 17:14

 

affiche

Contrairement à ce qui écrit sur cette affiche, le jardin botanique de Kisantu fait désormais 330 hectares


« Créé en 1900, le Jardin Botanique de Kisantu doit ses origines à l’œuvre passionnée du frère jésuite Justin Gillet. Il a introduit de nombreuses espèces à des fins alimentaires et scientifiques. Grâce aux échanges avec d’autres jardins dans le monde Kisantu a pu jouer un rôle très important dans la région, pour le développement des cultures maraîchères et vivrières (riz, pomme de terre…)

Jusqu’en 1975 le Jardin est géré par les Pères Jésuites. Ensuite celui-ci devient propriété de l’Etat. Actuellement sa gestion est confiée à l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) sous tutelle du Ministère de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme.

Après des années de déclin, le Jardin a fait l’objet d’un vaste programme de réhabilitation par le jardin Botanique National de Belgique (JBNB) et le Fonds Mondial pour la Nature (WWF) grâce à un financement de l’Union Européenne. Le programme de relance, commencé en novembre 2004, s’est achevé en octobre 2008. »

(informations relevées dans le prospectus distribué au Jardin)


Justin GilletJustin Gillet, né le 18 juin 1866 à Paliseul (Belgique) et mort le 22 juillet 1943 à Kisantu, Congo, est un frère jésuite, missionnaire au Congo, et fondateur du premier et plus grand jardin botaniqued’Afrique centrale, le Jardin botanique de Kisantu.

D’une famille de cultivateurs ardennais, et sans instruction autre que l’école primaire, Gillet s’intéresse à la botanique et aux plantes médicinales dès que, en 1888 au terme son noviciat, il est nommé infirmier au collège de Namur, où il passe 4 ans. En 1893 il fait partie du premier groupe de jésuites belges envoyés fonder la mission du Kwango (au Bas-Congo).

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Jardin botanique

Très rapidement les besoins alimentaires, ainsi la lutte contre des maladies tropicales encore peu connues, poussent le frère Gillet à organiser un jardin. En 1900 il s'installe à Kisantu où il aménage un jardin d'essai et d'acclimatation de plantes potagères et fruitières. Cela nécessite tout un travail de digues et d'irrigation qui est le premier succès de ce genre dans la vallée du fleuve Congo. Outre l'acclimatation de légumes et fruits européens, Gillet cultive également et améliore de nombreuses plantes tropicales : un type de bananier à graines trouvé dans les environs de Kisantu porte son nom Musa Gilletii - Ensete gilletii, et son manioc (importé de l'Inde néerlandaise) plus doux et mieux résistant à la vermine, connaît un grand succès et se répand dans de nombreux pays avoisinants. Gillet expérimente sur des variétés de rizasiatique et en lance la culture au Congo (années 1920). Il introduit le mangoustan en Afrique. Plus tard il s'intéresse également aux plantes ornementales, telles l’orchidée d’Afrique. Ses observations méticuleuses et sa connaissance approfondie de la botanique congolaise le mettent en contact avec les grands jardins botaniques des régions tropicales, de Buytenzorg en Indonésie, de Bombay et Calcutta en Inde et de Rio de Janeiro au Brésil. Son troisième catalogue, publié en 1927, comprend une liste de 1700 espèces et variétés cultivées à Kisantu. Les appréciations et éloges pour ce travail de pionnier, à une époque où tout était à créer, ne manquent pas. Ses récoltes ont été étudiées par Émile De Wildeman et Théophile Alexis Durand1. Cet autodidacte passa 48 ans de sa vie à Kisantu où il mourut le 22 juillet 1943. Il fut l'homme d'une œuvre : assez naturellement après sa mort le jardin fut appelé Jardin botanique Gillet. (source Wikipédia)

JB 1

JB 3

JB 4

JB 9

Je n'ai noté aucun des noms scientifiques des espèces photographiées, préférant me laisser porter par l'éxubérance des lieux aux couleurs de paradis.

JB 7

Copie (2) de JB 7

JB 8

JB 11

JB 13

Bambous sur fond de rivère Inkisi.

 

Par Dominique BAUMONT - Publié dans : VOYAGE - Communauté : Carnets-de-voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires
Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 09:03

 

province du Bas-CongoLa province du Bas-Congo (province du Kongo Central) - une des douze que comprend le pays - est la seule province maritime de la République Démocratique du Congo. La capitale en est Matadi.

Le Bas-Congo est l’une des plus anciennes provinces de la RDC. « Avant l’arrivée de l’homme blanc, sa superficie actuelle constituait l’une des parties du Royaume Kongo. »

 

 

 

 

 


Bas Congo 2


Bas Congo 1


Vue du Bas Congo


Vue du Bas Congo 2


Vue du Bas Congo 6


Vue du Bas Congo 7


Vue du Bas Congo 8


la rivière Inkisi

La rivière Inkisi qui longe le jardin botanique de Kisantu dont nous reparlerons.

 

Par Dominique BAUMONT - Publié dans : VOYAGE - Communauté : Carnets-de-voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires
Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 17:17

 

C’est ce soir à 22h que je m’envole pour une nouvelle mission de deux ans, une nouvelle aventure, de nouvelles rencontres, d’autres territoires culturels à découvrir dans cette Afrique si attachante et que j’aime tant.

En relisant le texte « Partir » écrit il y a déjà quelques années et présent en tête de ce blog depuis le début, à l’heure d’un nouveau départ, je voulais le republier- je n’en change pas une virgule – il correspond toujours à mon état d’esprit et à la réalité de la vérité vers laquelle je vais.

 

PARTIR

Aimer prendre un avion un matin glacial d’hiver pour une mission lointaine et longue
c’est mettre sa culture en bandoulière et prendre le risque de se perdre.

Perdre ses repères pour retrouver, au bout du compte, les essentiels.

Mais auparavant il faut accepter les mystères de l’inconnu, ses troubles et ses dangers,

d’autres intelligences, d’autres cœurs, d’autres bontés, d’autres beautés.

Accepter de ne presque rien savoir des faits et gestes,

des paroles de ceux que l’on aime.

Savoir partir le cœur léger malgré les séparations, tout laisser sans rien laisser.

C’est aussi assister au spectacle de la pauvreté, impuissant.

Chercher d’autres demains, s’approcher des autres, doucement.

Aimer les soirs incertains dans une capitale inconnue, les aubes douteuses...

Préférer les flottements de l’âme aux certitudes du savoir.

Croiser le regard d’un enfant pauvre de la brousse ou celui hautain d’une femme peulh.

Aimer les horizons qui reculent et les faire reculer si besoin est.

C’est savoir que l’on ne rentre jamais indemne d’absences au long cours.
Revenir sans jamais vraiment revenir, prendre le risque de devoir repartir,

vouloir rester et partir.
Partir c’est accepter les points  de non-retour.
(texte de Dominique Baumont)

 

trace-avionà bientôt sur les chemins de la solidarité...

 

 

Par Dominique BAUMONT - Publié dans : VOYAGE - Communauté : LE CONTINENT AFRICAIN
Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires
Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 08:14

 

"Savoir  qu'aucun jour n'est semblable à un autre, et que chaque matin comporte son miracle particulier, son moment magique, où de vieux univers s'écroulent et de nouvelles étoiles apparaissent."

   Paulo COELHO

Sur les bords de la rivière Piedra, je me suis assise et j'ai pleuré

 

bonnes-Ouaka.jpg

 au bord de la Ouaka - Centrafrique

Par Dominique BAUMONT - Publié dans : VOYAGE - Communauté : Nouveau Horizons
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires
Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 08:22

PISTES AFRICAINES

Copie de entre-Kemb--et-Bangassou

au revoir les amis

piste en Guinée

pistes africaines blog

A MEDITER

enfant et vautour

Il y a pire que

le bruit des bottes, 

il y a le silence des pantoufles.

Max Frisch 

SENEGAL - 2010

regard du Sénégal 1-copie-1

enfants pointe sarène

regard du Sénégal-copie-1

regard du Sénégal 2

Dominique BAUMONT

INFORMATION

Copie de Information 2

FEMMES AU NORD-KIVU-2008

distribution-aux-d-plac-s.jpg

femmes-au-Nord-Kivu.JPG

femmes-d-plac-es.jpg

L' AUTEUR

  • Dominique BAUMONT
  • 26/09/1950
  • Le blog de Dominique BAUMONT
  • Homme
  • VOYAGES AFRIQUE AVENTURE SOLIDARITE HUMANITAIRE
  • Quelques chroniques et quelques photos de quelques missions en Afrique. VOLONTAIRE DE SOLIDARITE INTERNATIONALE. 2005–2007 en CENTRAFRIQUE. 2008–2010 au SENEGAL. 2012-jusqu'en 2014 en REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO.

PENSEE

Si tu gardes dans ton coeur le regret d'hier et la crainte de demain, tu ne verras plus l'espace et ta prière elle-même ne te sauveras pas.
Charles de Foucault

EN PAYS PYGMEE - CENTRAFRIQUE

NGOUMA

famille-pygm-e

pygmées à Manasao

SITES UTILES - SITES AMIS

Catégories

LE TEMPS QUI PASSE

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

GALERIE ALEATOIRE

  • stockage de bauxite à Kamsar
  • PC250016.jpg
  • case en RCA
  • enfants de Casamance 3
  • DSCN1424.jpg

OverBlog

Recherche

Recommander

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés